causes perdues

27 juin 2018

réponse

Merci de l’intérêt que vous avez porté à mon écrit …

Je ne m’attendais à aucune visite, tant  défilent les émissions de blogs nouveaux et plus « accrocheurs ».

Vous me semblez être du monde des forestiers, et gérant du domanial… Est-ce que je me trompe?

 

Je vois sur le haut Morvan les effets des gestions jardinées où cohabitent jeunes et vieux arbres. C’est un milieu qui me convient du point de vue de la diversité fongique, et du point de vue paysager.

Mais cela se passe uniquement en domanial, et c’est une petite partie de la forêt chez nous.

L’essentiel est constitué de micro parcelles dont souvent on ne connait pas les propriétaires.

 

Les entrepreneurs opportunistes, planteurs enragés de « douglas », font leurs alignements sur terrains buldozérés, ou pire sur vieilles prairies naturelles de déprise agricole.

 

Nous autres naturalistes, sans argent, ne savons que râler sur la perte de très nombreuses espèces de plantes ou de champignons, même si nous continuons à alerter par nos expositions.

Nous avons vu aussi des associations acheter des parcelles de bois pour leur rendre de la « naturalité », en les exploitant «  proprement ». Mais quand on voit le travail des engins, le massacre est le même, que ce soit au bord des routes ou en pleine forêt. On va supprimer un épicéa égaré dans les feuillus, qui justement était accompagné de certains champignons remarquables.

Les plantations de « Douglas » ont aussi une action pernicieuse, elle essaiment alentour, couvrant le sol des châtaigneraies de jeunes arbustes qui prendront la place, et détruiront girolles, cèpes, belles ramaires et plein d’autres espèces.

C’est vrai que les temps changent, qu’au début du vingtième siècle les cultures grimpaient jusqu ‘au sommet des collines, 

et que le flottage du bois avait fait son travail au siècle précédent…

Rien n’est jamais pareil, mais tronçonneuses et engins sont de grands destructeurs des milieux naturels.

 

Les forestiers hélas n’ont pas une grande culture naturaliste, ont d’autres chats à fouetter, et méprisent les « pauvres » que nous sommes…

Au plaisir

 Jean pierre

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24 juin 2018

allée de géants

Pourtant cette allée de géants est belle et impressionnante...

Arbres geants du Morvan - copie

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18 janvier 2018

Morvan des champignons

Je vais essayer de parler un peu de mon pays…où je suis né il y a près de 70ans…et où je vis.

Il y a longtemps, j'ai essayé dans des débats de défendre les feuillus contre l'enrésinement… Il n'y a rien à faire.

Les feuillus alors étaient majoritaires, 55 %, mais ne rapportaient rien, que du bois de chauffage. Il n'y avait pas de récupération de déchets bien sûr.

Les seuls acteurs actifs, et ça n'a pas changé, étaient les enrésineurs en douglas. Ce sont eux qui avaient l'argent, et les subventions en plus.

Ils ont planté partout, en commençant par les vieilles pâtures abandonnées lors de la déprise agricole, et oubliées par l'exode rural.( Vieilles prairies extraordinaires pour les entolomes, hygrophores, géoglosses…)

Le douglas est phénoménal, il fait de belles futaies là où les chênes centenaires étaient rabougris. Il fait aussi des sous sols stériles et extrêmement pauvres en espèces de champignons.

 La surface forestière a crû, et les résineux sont passés à 55% contre 45% aux feuillus.

Les exploitants ont maintenant des aides pour planter des feuillus… Ils plantent encore du douglas, et quand on leur impose de ne pas dépasser certaines surfaces, ils font ça progressivement, en finissant par coller de petites parcelles ensemble sur plusieurs années. Ils couvriront les collines quand même.

Les problèmes avec l'épicéa n'ont pas arrangé nos affaires. Bois riches en champignons, ils ont été massivement coupés suite au dépérissement de l'espèce, et replantés… en douglas… Quelques sapins nous sauvent un peu la diversité, mais ils sont peu nombreux.

Une scierie s'est installée à Autun, qui débite du bois du Morvan. Et la biomasse merveilleuse nettoie tous les sous-bois, supprimant les lignicoles, les saprophytes saprotrophes. L'abandon des places à feu nous avait déjà privé des espèces carbonicoles...

Je ne crois pas qu'on s'en sortira. La biodiversité fongique n'intéresse personne. Seuls comptent ceux qui rentabilisent la nature, par l'exploitation, le tourisme, les loisirs à la mode. Les expositions de champignons mettent un peu de couleur "localement", et permettent aux promeneurs de s'étonner, comme devant des ânes dans un pré.

Nos inventaires locaux n'intéressent que nous.

Un paysage ne peut pas se défendre, ni être défendu. 

Vive l'utopie et nos rêves, pour quelques années encore.

jean pierre

 

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